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El Perro Negro, de Peter Forgacs - Extraits de la revue de presse

Various Various 2006 _ABOUT El Perro Negro

« Grande histoire sanglante et scenes intimes, le cocktail est
puissant et tout a fait réussi. »
F.P. - LE CANARD ENCHAINE - 15 Novembre 2006

« Mieux que tous les films, ce montage, qui nous donne a voir des individus menacés par la disparition, fait revivre, avec une proximité bouleversante, la guerre d’Espagne ».
F-G. L – LE POINT – 16 Novembre 2006

« Objet d'un remarquable travail plastique, les archives sont détournées dans une démarche poétique ; le cinéma est moins utilisé pour sa valeur historique (...) que pour sa dimension philosophique »
Jacques Mandelbaum - LE MONDE - 15 Novembre 2006

« De ce travail, d’une incroyable poésie, surgit une approche insolite de l’Espagne des années 1930 et 1940 ou la force de la vie déborde de maniere presque insolente le drame qui se jouait alors ».
Marie-Elisabeth Rouchy - NOUVEL OBS (TELE CINE) – 16 novembre 2006

« L’image –probablement du 9,5mm, pour le « home cinema » de l’époque – possede une force poétique intrinseque, qui nait de sa fragilité, l’impression que ces silhouettes qui l’habitent, hommes et femmes ordinaires, sont peu a peu en train de s’effacer (…) »
Aurélien Ferenczi - TELERAMA – 15 novembre 2006

« Les images, contrastées, font corps dans un savant travail de montage et d’effets visuels d’une grande maîtrise. La sonorisation, a la fois réaliste et décalée, en renforce l’unité artistique (...) un plaisir quasi hypnotique, une plongée inédite au cour d’une débâcle nationale préfigurant les soubresauts tout proches de l’Europe tout entiere ».
Vincent Thabourey - POSITIF - Novembre 2006

« L’auteur parvient (...) a nous plonger dans le climat de l’Espagne révolutionnaire, qu’il réinvente dans un langage purement cinématographique, inventif et exigeant »
. F.A. - FICHES DU CINEMA - 8 novembre 2006



LE MONDE - 15 Novembre 2006
« Objet d'un remarquable travail plastique, les archives sont détournées dans une démarche poétique ; le cinéma est moins utilisé pour sa valeur historique (...) que pour sa dimension philosophique » Jacques Mandelbaum.

LE CANARD ENCHAINE - 15 Novembre 2006
« Mélant films d’amateurs espagnols des années 30 et documents de la guerre civile, Peter Forgacs réalise une curieuse plongée dans cette époque noire. En d’autres temps on aurait appelé cela de la distanciation…Auteurs de ces bouts de films, un étudiant madrilene dans le camp républicain et un industriel catalan profranquiste qui filme sa famille repue. » « Grande histoire sanglante et scenes intimes, le cocktail est puissant et tout a fait réussi. » F.P.

LE POINT – 16 Novembre 2006
« Depuis vingt ans, le Hongrois Peter Forgacs, primé dans le monde entier, collectionne des archives privées. Des films de famille réalisés bien souvent en toute innocence, en toute ignorance de la tragédie qui allait s’abattre sur leurs auteurs, entre 1930 et 1945. Pour El Perro Negro, cet archéologue du cinéma a exhumé les super-8 d’un industriel catalan, assassiné en 1936, et d’un militant républicain, entrainé dans la tourmente de la guerre civile espagnole. Des scenes inédites, exceptionnelles, que Peter Forgacs télescope intelligemment aux images collectives, générées par ce drame de l’histoire espagnole. Mieux que tous les films, ce montage, qui nous donne a voir des individus menacés par la disparition, fait revivre, avec une proximité bouleversante, la guerre d’Espagne. On aimerait qu’en France un cinéaste sache, avec une telle sobriété, ressusciter les heures sombres de notre passé ». F.-G. L.

TELERAMA – 15 novembre 2006
« Le bon grain : A l ‘heure du numérique et de la haute définition, voir resurgir le rendu tres spécifique de l’image « argentique », dans son incarnation la plus artisanale, procure une drôle d’émotion. Deux films, cette semaine, en retrouvent les charmes. El perro negro, du hongrois Peter Forgacs, fait revivre certains épisodes de la guerre d’Espagne a travers des bobines amateurs : films de famille réalisés par de riches industriels catalans, courts métrages « d’avant garde » d’un jeune madrilene – pris a tort pour un franquiste. « L’image –probablement du 9,5mm, pour le « home cinema » de l’époque – possede une force poétique intrinseque, qui nait de sa fragilité, l’impression que ces silhouettes qui l’habitent, hommes et femmes ordinaires, sont peu a peu en train de s’effacer (…) » Aurélien Ferenczi - TELERAMA – 15 novembre 2006

LE NOUVEL OBS – 16 novembre 2006
« Depuis 1988, le cinéaste hongrois travaille a partir de films amateurs. C’est encore le cas d’ « El perro negro », consacré a la guerre civile espagnole, dans lequel il fait se croiser, par archives interposées, les destins de deux hommes – un étudiant madrilene et un industriel catalan – tous deux férus d’images. « De ce travail, d’une incroyable poésie, surgit une approche insolite de l’Espagne des années 1930 et 1940 ou la force de la vie déborde de maniere presque insolente le drame qui se jouait alors ». Marie-Elisabeth Rouchy

L’HUMANITE – 16 Novembre 2006
« Cinéaste archéologue, Peter Forgacs restitue une vision intime de la guerre d’Espagne a partir de deux récits distincts et distants. Le matériau est la. Deux histoires, deux familles, quelques kilometres de pellicule, une seule et meme guerre. La guerre d’Espagne. Peter Forgacs s’est essentiellement appuyé sur des films amateurs provenant de deux sources. La premiere émane d’une famille de la grande bourgeoisie industrielle catalane, les Salvans. La seconde d’un étudiant apprenti cinéaste madrilene, Ernesto Noriega, qui profite de tous les intants de la vie pour filmer. Côté catalan, les images abondent et révelent un train de vie plutôt aisé. L’un des fils, entiché de cinéma, filme tout : les repas dominicaux en présence des représentants de l’Église comme les excursions entre copains dans les Pyrénées ou encore les sorties de l’usine familiale. Le ton est joyeux, badin. Les notables se pretent de bonne grâce aux injonctions du cameraman, posent sans trop se faire prier. La guerre semble loin. Côté madrilene, les images de Noriega évoquent, elles aussi, une jeunesse insouciante. Au point qu’en juillet 1936 Noriega file quelques jours dans la Sierra de Gredos avec ses amis, histoire de prendre l’air. Mais voila, l’histoire sanglante et tragique rattrape les uns et les autres. A Barcelone, un leader anarchiste qui travaillait dans l’usine paternelle abat a bout portant le pere et le fils Salvans. Dans la Sierra de Gredos, le soulevement de Franco provoque insensiblement des tensions. Noriega et ses amis sont arretés, soupçonnés d’etre du camp nationaliste. Transféré a Madrid, Noriega s’en tire et se retrouve enrôlé dans les troupes franquistes. La guerre, il la fera dans une garnison perdue en Estrémadure, la filmera depuis ce poste d’observation préservé (jamais il n’aura a user de son arme) jusqu’a la défaite de la République.
L’entreprise de Peter Forgacs est ambitieuse. Archéologue de la mémoire, son travail procede de plusieurs dimensions, esthétique et politique. S’il a recours a d’autres sources cinématographiques (littéraires et poétiques avec moult références a Lorca et Orwell), il ne se départit pas de ces deux principaux matériaux dont les images sont ici disséquées, étirées, croisées avec, en toile de fond, une voix off et une musique (de Tibor Szemzo) toutes deux omniprésentes dans la dramaturgie. Ce faisant, il compose une autre partition cinématographique de cette guerre, soixante-dix ans apres, intime, familiale, loin des arrets sur image « classiques », voire militants. Le cinéma témoigne de l’intérieur d’une Espagne ni pro, ni antirépublicaine. On peut supposer, sans trop se tromper, combien les conséquences de la guerre eurent, elles aussi, sur la bourgeoisie espagnole, des effets néfastes et désastreux. » Marie-José Sirach

POSITIF - Novembre 2006
« A partir de deux sources d’archives complémentaires, El Perro Negro donne une nouvelle vision de la guerre civile espagnole, jusqu’a présent figée dans l’imaginaire commun par les célebres clichés noir et blanc de Robert Capa. Avec d’un côté les films d’un riche industriel catalan abattu a l’issue de quelques jours de combat, et de l’autre ceux d’un étudiant madrilene ayant survécu au conflit, Péter Forgacs conçoit un troisieme film tres personnel ou la violente scission du pays s’inscrit dans des corps et des visages d’hommes et de femmes d’une troublante intimité.
« Les images, contrastées, font corps dans un savant travail de montage et d’effets visuels d’une grande maîtrise. La sonorisation, a la fois réaliste et décalée, en renforce l’unité artistique. Mais le guide supreme, la dialectique de l’ouvre, réside avant tout dans la voix off, chemin de fer omniprésent de la narration, qui, malgré la fragmentation des points de vue, finit par oppresser et interdire tout chemin de traverse. Cette archéologie de la mémoire, comme la définit son auteur qui refuse a se considérer comme un documentariste, n’échappe pas a une authentique lourdeur discursive. La construction imaginaire des récits des deux cinéastes amateurs et les points de vue du romancier anglais George Orwell et du poete Garcia Lorca s’émoussent tant la posture de démiurge se refuse a toute faiblesse. Reste cependant un plaisir quasi hypnotique, une plongée inédite au cour d’une débâcle nationale préfigurant les soubresauts tout proches de l’Europe tout entiere ». Vincent Thabourey

FICHES DU CINEMA - 8 novembre 2006
« El Perro Negro est un montage d’archives de cinéastes amateurs espagnols des années 1930. Expérimental, protéiforme et lyrique, il retrace le basculement de l’Espagne dans une guerre fratricide.

Péter Forgacs poursuit une ouvre basée sur des images de cinéastes amateurs et leur confrontation aux secousses de l’Histoire. Chute libre (1996) racontait le parcours d’une famille juive hongroise entre 1938 et 1944, filmée par l’un des fils, passionné de cinéma. On retrouve cette fois en Joan Salvans un fils de la bourgeoisie catalane dont les images familiales et les petites mises en scenes sont associées a celles des luttes politiques de la meme époque. Ce sont les dernieres années de sa vie, il est assassiné au début de la guerre civile par un anarchiste andalou. Le film s’ouvre sur ce meurtre, évoqué a la maniere d’un polar surréaliste, un collage de plans fortement inspiré par les avant-gardes des années 1920 justement (Un chien andalou). Guidé par un commentaire, le récit relate les évenements qui meneront a la guerre. Mais Peter Forgacs joue avec les conventions et nous entraîne dans de multiples digressions, fausses pistes, associations d’idées ou constructions purement rythmiques. Il taille dans les plans a coups de ralentis et d’arrets sur image, et les passe a la grande centrifugeuse de son montage. Les niveaux de récit se télescopent, les couches de matiere filmique sont en perpétuelle ébullition. On est déboussolé, pris de vertige, parfois frustré car les segments s’enchainent vite et on aurait parfois aimé en apprendre davantage. « L’auteur parvient pourtant a nous plonger dans le climat de l’Espagne révolutionnaire, qu’il réinvente dans un langage purement cinématographique, inventif et exigeant ».

Il montre les inégalités sociales, l’euphorie du temps des réformes, la radicalisation des positions ou, plus tard, la déroute de l’armée républicaine. A bonne distance du mythe, tout en nuances, Forgacs revisite l’Histoire et se focalise sur la spirale de violence qui s’empare du pays. Les images des cinéastes amateurs nous questionnent constamment sur leur origine et leur manipulation. Au moment ou la violence franchit la frontiere entre mots et actes dans le champ politique, la parodie d’exécution filmée par Joan Salvans se retourne contre lui. Un second filmeur le relaye : Ernesto Noriega, un étudiant madrilene, « amateur de belles femmes et de cinéma russe ». Ni l’un ni l’autre ne sont véritablement des personnages, plutôt les acteurs involontaires d’un film né de leurs prises de vues aussi impuissants quant a la narration qui orchestre leur regard que face aux événements historiques qui s’emparent de leur vie. Ernesto s’engage dans une brigade anarchiste avant d’etre fait prisonnier puis enrôlé dans les rangs phalangistes, et il filme son quotidien comme un journal de bord. Démobilisé, il met en scene son départ dans un plan chaplinesque, qui sonne désormais faux. L’innocente fantaisie du cinéphile ne parvient plus a enchanter le réel. Il n’y a plus qu’a filmer la foule, bras tendus devant la parade franquiste, et l’on ressent la chape de plomb qui s’abat sur l’Espagne, ou les exécutions sont alors loins d’etre terminées. » F.A.

Article paru sur le site d’ARTE France, coproducteur
Histoires de la guerre civile espagnole

A partir de films amateurs, Peter Forgács raconte l’histoire de l’Espagne dans les années 30. Un documentaire historico-poétique, foisonnant d’images intrigantes, qui restitue l’ambiance d’une époque et les ambiguités d’une guerre violente et symbolique.

De la proclamation de la République en avril 1931 a l’ultime victoire de Franco en mars 1939, Peter Forgács raconte les années 30 en Espagne. Jusqu’en juillet 1936, le pays va de greves en attentats, de répressions en soulevements. Puis c’est le déchaînement de la guerre civile. Le réalisateur recompose ces dix années en utilisant exclusivement des films de l’époque : images tournées par des collectifs anarchistes, par des brigadistes, par un Américain adepte de Franco, images d’actualités… Et surtout, il puise dans les précieuses pellicules de deux cinéastes amateurs pleins de talent, Joan Salvans et Ernesto Noriega.

Joan Salvans est le fils d’un notable catalan, patron d’une entreprise lainiere. Figure de proue du mouvement cinématographique amateur de Catalogne – ses films ont été projetés quelquefois avant la guerre civile –, il filme sa fiancée, une escapade dans les Pyrénées, des scenes de la vie de famille, les premiers pas de sa fille... Il est assassiné avec son pere, le 24 juillet 1936 (six jours apres le début de la guerre), par Pedro “le cruel”, ancien ouvrier de l’usine familiale et militant anarchiste redouté. Ernesto Noriega, lui, est un étudiant madrilene amateur de femmes et de cinéma, fasciné par les films d’avant-garde russes et allemands, dont Peter Forgács a redécouvert les images. Avec sa caméra, il capte les visages et les corps sensuels de ses compagnes d’insouciance, avant de se tourner, par la force des choses, vers des sujets moins riants.

Dans l’Espagne des années 30 cohabitent des mondes aux antipodes les uns des autres : paysans sans terre et grands industriels, syndicalistes anarchistes et clergé conservateur, socialistes et monarchistes... Le bouillonnement culturel de la modernité côtoie la tradition la plus rigide. Le portrait que brosse Peter Forgács de ce pays des extremes en fait saisir toute la complexité. Les images, a quelques exceptions pres, sont en noir et blanc, mais elles montrent une réalité en demi-teinte. Par exemple, que les deux bords firent assaut d’atrocités : pendant la guerre, 75 000 personnes furent exécutées par l’armée nationaliste, 55 000 par l’armée républicaine. Quant a Joan Salvans et Ernesto Noriega, les deux principales sources, ils ne sont ni d’un camp, ni de l’autre. Les Salvans pourraient pencher pour les conservateurs, mais ils militent pour l’autonomie de la Catalogne a laquelle la droite s’oppose. Ernesto Noriega, jeté en prison au début de la guerre par les Républicains, sera enrôlé de force dans leurs rangs, puis dans ceux des phalangistes.

Cette chronique est surtout faite d’images personnelles, presque intimes qui, paradoxalement, respirent souvent la joie de vivre. Mais les séquences sont coupées net et leur mouvement se fige. Comme si Peter Forgács, au montage, avait voulu signifier l’irruption brutale de la violence dans le quotidien. Il flirte parfois avec le surréalisme, montrant le soleil dans les feuillages, un envol de colombes. Le chien noir du titre, pauvre bete se traînant dans un paysage désertique, est un leitmotiv discret et évocateur. Pour certaines séquences, Peter Forgács a aussi recréé une bande son : rebond d’une balle entre des mains d’enfants, chanson a danser s’échappant d’un phono... Enfin, le film regorge d’images saisissantes ou intrigantes : un pochoir de Franco sur un mur, les aviateurs de la légion Condor qui forment dans le ciel le nom du général vainqueur, un plan séquence sur les visages de combattants républicains avant leur exécution.